September 15, 2022

Sanctionner la Russie, sommes-nous devenu fou ?

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  1. Quelques une des sanctions imposées à la Russie

Comme pour la Corée du nord, la Russie est la cible à exclure via des sanctions financières. Sanctionner les élites via un gel de leurs avoirs, exclure du réseau de messagerie bancaire international Swift pour limiter l’accès de la Russie aux capitaux européens, diminuer drastiquement l’accès à certaines technologies cruciales (composants électroniques, pièces aéronautiques…), interdire l’exportation de certains matériaux et restriction de l’espace aérien pour les compagnies russes sont quelques-unes des sanctions imposées à la Russie depuis la déclaration de guerre envers l’Ukraine.

Cependant, depuis l’annexion de la Crimée en 2014, à la suite des vagues de sanctions et la menace de l’exclusion du réseau bancaire, la Russie a pris des mesures préventives en créant une alternative de messagerie financière développée en 2014, le SPFS. Elle peut également compter sur le développement de son agriculture ainsi que son allié de toujours, la Chine et son réseau financier CIPS.

Certes ces sanctions font mal à la Russie mais l’occident minimise l’impact des sanctions et se voile la face sur le retour néfaste que vont peser ces sanctions sur leurs propres économies (dont vous et moi en faites partie)

  1. Un retour de bâton sans précédent

En effet, beaucoup d’entreprises se sont retirées du marché Russe « temporairement » suite à la pression trop importante des gouvernements et de l’opinion publique à sens unique (entre autres).

Admettons que VOUS ENTREPRISE, vous décidez d’investir en Russie pour tirer profit du marché important des 150 millions de consommateurs russes. Dans une logique d’échange gagnant gagnant, vous ne pouvez mettre en suspens vos activités par choix politique, ce qui serait considéré par la Russie comme un affront et très opportuniste. Condamner lourdement un pays qui accueille votre marque, qui vous permet de faire de gigantesques profits et ne pas vouloir faire figure de neutralité lors d’évènements complexes comme celui-ci est évidemment vu comme une trahison par celui-ci.

La réponse du gouvernement Russe ne s’est donc pas fait attendre, Vladimir Poutine a annoncé un plan de nationalisation des entreprises étrangères ayant quitté le territoire. Soit la saisie des emplacements immobiliers et infrastructures pour implanter une marque 100% Russe souvent très ressemblante à celle étrangère.

Macdonald en est le parfait exemple, la chaîne américaine de fastfood a annoncé mardi 8 Mars avoir décidé de fermer temporairement près de 850 restaurants en Russie représentant environ 10% de son CA global. Le groupe a déclaré vouloir continuer à payer ses 62000 salariés mais pour combien de temps ?

Ni une ni deux, Vyacheslav Volodin président de la chambre basse du parlement russe a déclaré que les marques russes devraient remplacer les Mcdonald's fermés, chose faite par la société Oncle Vanya et leur logo très ressemblant…

Même procédé pour Ikea qui a été proposé sous le nom de IDEA à l’office russe des brevets et de l’enregistrement avec un logo très similaire à la marque suédoise.

  1. Les sociétés étrangères doivent-elles rester en Russie ?

La question de rester ou partir se pose pour des centaines de marques dont des sociétés françaises comme Renault qui a cédé aux pressions et qui a décidé de quitter le territoire. D'autres sociétés, trop exposées au marché russe (ou qui prennent le temps d’analyser les conséquences d’un éventuel départ) comme la Société Générale, Total ou encore Leroy Merlin tiennent le coup.

Les émotions nous font souvent faire de grosses erreurs sans qu’on pense réellement à l’après et aux conséquences que cela peut engendrer. On préfère y voir tout noir ou tout blanc plutôt qu’essayer de comprendre la complexité d’un conflit. Évidemment, on ne tardera pas à venir râler une fois les conséquences répercutées sur notre pouvoir d’achat.

  1. Les 4 gros perdants du départ des sociétés occidentales de Russie/sanctions

N°1 : Les centaines de milliers d’employés russes sur l’ensemble des sociétés à qui on va suspendre leurs emplois voire les faire disparaître.

Conséquences : un chômage qui explose, une pauvreté qui augmente (eh oui, les modalités sociales ne sont pas les mêmes en Russie qu’en France !), un endettement, une détresse psychologique...

Encore une fois, le peuple russe n’a pas choisi cette guerre, l’acharnement n’est donc pas mérité.

N°2 : La société française qui va subir une perte sèche, tous ses investissements vont être saisis, une perte importante du % de leur CA et SURTOUT l’impossibilité pour elles de revenir sur le territoire Russe à court terme ( dans le meilleur des cas).

Conséquences : les employés français vont potentiellement perdre différents avantages comme un bon CE,  des primes de résultats ou encore subir une réduction des postes (licenciements). La société sera moins compétitive et va devoir trouver de nouvelles sources de revenus ailleurs.

N°3 :  Les actionnaires eux sont directement impactés, il suffit de se pencher sur le cas Renault qui vient de perdre 45% en bourse depuis le début du conflit.

Conséquences : A quoi bon soutenir une société française via un PEA par exemple si la politique en cours massacre le titre et vous fait perdre une partie de vos investissements ? Les investisseurs vont devenir frileux ou fuir vers de nouveaux marchés (américains….) et les sociétés françaises auront de plus en plus de mal à se faire financer leurs projets pour développer leurs activités (ou du moins essayer de remonter la pente).

N°4 : Le pouvoir d’achat est une variable clef entre le fait de vivre ou de survivre. Or la politique de sanction qui est menée ne s’attaque pas à n’importe quel pays mais bel et bien au grenier et au puits de richesse du monde. En effet, la Russie n’est pas la Corée du nord (possède presque aucunes ressources), elle est détentrice dans son sol permafrost d’une de plus grande richesse mondiale en hydrocarbures (pétrole, gaz naturel), en métaux (charbon, fer acier, métaux précieux ou encore diamants) mais est également forte de sa grande superficie avec une des plus grosse production de blé, betteraves, tournesol au monde et est l’un des plus grands exportateurs de bois de résineux du monde…

Conséquences : Une offre en diminution de toutes ces ressources et donc un prix qui augmente drastiquement pour équilibrer les faibles volumes disponibles.

Le prix du pétrole en est le parfait exemple, celui-ci est en forte augmentation et atteint des niveaux records. Malheureusement, il est probable que cet exemple soit la première vague visible de cette répercussion sur les prix à la consommation.

Arriveront ensuite moins d’exportation de blé, une des premières ressources nutritives pour l’alimentation des pays pauvres. Ces derniers ne peuvent pas se payer une telle augmentation du prix et provoquent pénuries voire famines en Asie et en Afrique.

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